Une étude innovante

En 2017, WeFarmUp, en partenariat avec AGRO D’OC, union des CETA D’OC et ARVALIS, ont effectué une étude sur 30 agriculteurs gerçois.  La question à l’étude ? L’impact de la mutualisation du parc matériel de ces 30 exploitations sur le modèle du service de WeFarmUp (la location donc). Concrètement, sur l’année 2016, en fonction de tous les travaux qui ont été effectués par ces 30 agriculteurs, en tenant compte du matériel utilisé et de la date des travaux, si tout le monde se louait du matériel, de combien de matériels aurait on réellement besoin ?

Finalement, cela revient à tester les « limites » de WeFarmUp : jusqu’où ce service peut il nous amener ? Quelles économies permet-il vraiment de faire ?

Des chiffres qui démontrent la puissance de la mise en réseau des exploitations agricoles sur les volets économique et social :

En mettant ainsi ces exploitations en réseaux, voici les résultats observés à l’échelle de ce groupe de 30 exploitants :

  • – 40 % sur le total du capital investi en matériels agricoles,
  • – 40 % sur le nombre de matériels,
  •  30 % sur les charges annuelles de mécanisation,

… sans changer les dates d’intervention des agriculteurs, ni-même prendre de risques pédoclimatiques supplémentaires !

Une étude aux résultats étonnants qui va bousculer de manière durable des principes acquis depuis des décennies !

De même que la mise en réseau des ordinateurs permet de décupler, avec internet, la puissance de l’informatique, la mise en réseau des exploitations ouvre de nouvelles perspectives au monde agricole.

En fait, cela revient à connecter, au sens numérique du terme, les exploitations agricoles sur un territoire dans le but de rendre visibles, via des annonces, toutes les ressources en matériel disponibles dans chacune d’entre-elles : la plateforme permet d’agréger tous ces matériels et de les localiser. L’exploitation agricole est au cœur d’un réseau qui peut s’étendre à plusieurs dizaines de kilomètres et ce n’est plus 5, 10 ou 20 tracteurs qui sont mobilisables mais peut-être plus de 200 : plus le réseau est dense, plus il y a de participants, plus la disponibilité en matériels est grande !

WeFarmUp, pionnier dans ce domaine, permet d’afficher des choix de matériels à proximité de la parcelle à travailler. Ainsi, les interventions agricoles ne seront plus limitées aux matériels disponibles sous le hangar mais par la capacité à sélectionner le bon matériel parmi des centaines de possibilités qu’offre le réseau WeFarmUp : l’agriculteur peut choisir son itinéraire technique et trouver le matériel adéquat.

30 exploitations des coteaux gersois, adhérents AGRO D’OC, ont décidé de participer à cette étude. Au départ, dans ce réseau, nous avions 93 tracteurs, 51 semoirs, 23 déchaumeurs, 25 moissonneuses-batteuses, 26 épandeurs d’engrais… Mais, en fait, en tenant compte de l’usage de chacun des matériels dans chacune des exploitations et des caractéristiques techniques des matériels, combien faudrait-il de tracteurs, de semoirs, de déchaumeurs, de moissonneuses batteuses, etc. à l’échelle de ce réseau ?

AGRO D’OCWeFarmUp et ARVALIS ont mis en œuvre une méthode innovante, exigeante qui intègre énormément de données : recenser les matériels dans toutes les exploitations (caractéristiques techniques, capital, endettement, charges, etc.), les usages calendaires de chacun (relevés d’intervention), les jours où la météo et les conditions de sol permettent de travailler (en ayant recours au logiciel d’ARVALIS « Jours Disponibles »), etc.

L’étude permet de modéliser le parc nécessaire à l’échelle du réseau dans les conditions agropédoclimatiques du territoire sélectionné par AGRO D’OC sans qu’aucun membre du réseau ne génère un risque supplémentaire. L’année de référence choisie est 2016. En plus, cette étude aboutit à un livrable qui guide l’agriculteur sur la pertinence de l’investissement versus la location : un guide de décapitalisation est suggéré.

« L’originalité de l’étude repose sur la méthode utilisée : ici, nous avons cherché à optimiser non pas le parc matériel de chacune des exploitations mais celui de l’ensemble du réseau d’exploitations, tout en considérant leurs spécificités (assolement, largeur de travail, jours disponibles). Sur un volume important d’exploitations au sein d’un territoire aux conditions pédoclimatiques relativement homogènes, les résultats sont prometteurs, mais nécessiteront néanmoins d’être validés sur d’autres territoires. Enfin, pour la mise en œuvre concrète des marges de manœuvre identifiées, les aspects logistiques devront être abordés. » exprime Baptiste DUBOIS, Chargé d’études chez Arvalis.

Les 3 chiffres fondateurs de cette première étude au cœur de la Gascogne sont remarquables : réduction de 40 % des capitaux investis en matériels agricoles, – 40 % sur le nombre de matériel, – 30 % sur les charges annuelles de mécanisation… Cela met en exergue trois enseignements :

  1. la multitude de matériels et les capitaux disponibles sont sous-utilisés dans chacune des exploitations,
  2. contrairement aux idées reçues, les matériels agricoles ne sont pas utilisés en même temps. Et plus le réseau d’exploitations est dense et large, plus il fournit de solutions pour les besoins de chaque agriculteur,
  3. il existe un véritable gisement de compétitivité à la portée de tout le monde qui se traduirait par une véritable baisse du niveau d’endettement et une plus grande souplesse de gestion de l’activité agricole.

Mais ces résultats doivent encore être affinés et doivent intégrer des notions de logistique.

« Malgré ces résultats étonnants, le potentiel de ces réseaux est encore bien plus important. En effet, il y a un lien direct entre le nombre de participants au réseau (et donc de matériels disponibles) et le niveau d’optimisation des exploitations : l’étude a été réalisée avec 30 exploitations mais, autour d’une exploitation ce n’est pas 2 ou 10 ou 30 exploitations que nous pouvons trouver mais beaucoup plus… Et quels seraient les résultats si nous avions réalisé cette étude avec 100 exploitations ? En réalité, l’agriculteur se trouve au milieu d’un réseau dans lequel il pourra demain puiser énormément de ressources, utiliser des actifs de production, trouver des compétences et des talents, faire fructifier ses données : ces réseaux de #CoFarming permettront de rendre tout cela visible et accessible en quelques clics ! » annonce Laurent BERNEDE, cofondateur de WeFarmUp.

Si c’est pas beau ça ! 😉
Envie d’explorer ce gisement de compétitivité ?

Vous aussi, profitez de ces opportunités et rendez les ressources disponibles sur votre exploitations visibles pour faciliter les échanges avec les exploitations proches de chez vous.

Et cela ne s’arrête pas au matériel agricole, avec le #COFARMING, ce sont toutes sortes de ressources qui peuvent être échangées entre les exploitations : des données, des compétences, des fourrages, des parcelles, etc..